Dans le corps et la tête, une lame de fond... la "petite mort" est ainsi le plus bel anéantissement qui soit. Mais, même parmi les premières intéressées, peu savent, par quel obscur mécanisme, on peut mourir de plaisir. Ou ne se meurent de plaisir qu'une fois toutes les saint glinglin. Ou encore se morfondent dans leur coin de ne jamais avoir atteint ces cimes-là. Enquête dans un continent noir mal exploré.
DES CHIFFRES, DES THEORIES ET UNE ENIGME PAS ENCORE TOUT A FAIT RESOLUE :
On a longtemps divisé arbitrairement l'humanité femelle en clitoridiennes, vaginales et en Frigid Fardots. Sur la simple base que 20% des femmes atteignaient l'orgasme par simple pénétration vaginale ; 70% auraient besoin d'une stimulation clitoridienne concomitante et 10% restaient en marge de tout débordement. Enfermées dans des petites cases, il s'en est fallu de peu que les clitoridiennes ne se sentent hiérarchiquement inférieures aux supposées vaginales qui fanfaronnaient d'être un peu plus promptes à la détente sans trop d'efforts! Freud définissait même l'orgasme vaginal comme "adulte et supérieur" contrairement à l'orgasme clitoridien qualifié d'"infantile et inférieur". Masters et Johnson, deux pionniers de la recherche en sexualité, ont conclu, quant à eux, qu'il n'existait qu'un seul orgasme, celui déclenché par la stimulation du clitoris et se traduisent par des contractions vaginales. Par la suite, d'autres chercheurs sont venus mettre en relief un autre orgasme plus rare, dit utérin et profond, induit par la pression du pénis sur l'utérus qui déclenche des contractions régulières. Sans oublier Graffenberg, l'inventeur génial d'un point G fort controversé qui n'a pas omis non plus de mettre son grain de sel dans le plateau à sensations.
DECRYPTAGE EXPRESS DES ZONES CORESPONSABLES DE L'EXTASE :
- L'incontournable clito : Equivalent du gland du pénis au vu de ses capacités érogènes extrêmes, le petit bouton s'annonce comme la clé de sésame du plaisir. Si la seule profondeur de l'occupation intime n'aboutit pas à l'effet escompté, aucune anormalité donc à cela ; une auteure le confirme d'ailleurs par les propos suivants : "Si lors des relations sexuelles, l'homme frottait ses testicules sur le clitoris de la femme, toutes les femmes obtiendraient un orgasme et aucun homme n'y arriverait". Traduction : au niveau des sensations, le vagin est en quelque sorte l'équivalent des testicules et à ce qu'on sache, "bouboules au carré" n'ont encore jamais été sollicités pour déclencher un orgasme chez leur proprio! Le vagin étant muscle peu innervé et vascularisé, des différences anatomiques expliqueraient le fameux ex-clivage entre clitoridiennes et vaginales : l'anatomie vulvaire elle-même qui fait que chez certaines femmes, le clitoris semble plus rapproché du vagin et donc plus apte à être stimulé lors de la pénétration. Conclusion : caresses manuelles, orales ou stimulation indirecte via certaines positions, le clito, ce cher clito se positionne toujours au carrefour des festivités!
- Le point G : situé dur la partie antérieure du vagin, cette zone de la taille d'une pièce de monnaie semble être l'équivalent du faciès d'Alban qui correspond à la terminaison des fibres nerveuses clitoridiennes. Mis à contribution par un pouce coquin ou lors d'une chevauchée fantastique (position femme sur l'homme), le voluptueux point de votre boudoir intime recèle des sacrées surprises: en dehors de ses facultés à vous propulser aux portes de l'extase, il offrirait en outre à toutes celles qui déniché, la possibilité d'éjaculer au cours de l'orgasme!
- Les muscles pubo-coccygiens entourant la vulve : la force de la musculature (qu'on peut d'ailleurs renforcer par des exercices) offre de meilleures perspectives de sensations vaginales. Pour bien "bosser" son orgasme, rien de tel qu'une bonne série de contractions-relâchement de l'ensemble bassin-fessiers!
- Le col de l'utérus : stimulé chez certaines femmes par les mouvements de poussée effectués par le pénis lors du coït.
LES SPECIFICITES DE L'ORGASME FEMININ :
Il existe autant d'orgasme féminin que de femmes. Et la qualité et la quantité d'orgasme développés varient aussi au cours de la vie sexuelle. Ainsi 80% l'obtiennent avant 35 ans contre 20% avant 25 ans. L'expérience, la connaissance de sa propre anatomie et ses sensations, l'assiduité à suivre des cours de volupté à l'école de l'érotisme, jouent donc fortement à ce niveau de la compétition. Encore faut-il que les autres paramètres soient présents aussi : complicité avec le partenaire, fantasmes en roue libre, cerveau concentré et débarrassé de toute pensée négative et... même incursion de la génétique!!! (Une étude britannique récente avance que les informations contenues dans notre ADN favoriseraient ou inhiberaient la propension à avoir des orgasmes. Bien compliqué tout ça, puisque cela fait beaucoup de paramètres à gérer... et beaucoup de prises de tête pour un truc qui ne dure finalement que quelques secondes. Oui, mais quelles secondes! L'orgasme féminin parle en frissons, palpitations, contractions, torsions...
Inconvénient majeur pour les paresseux : il s'agit de travailler longtemps ces dames au corps et aux caresses pour leur faire atteindre ce point culminant de non-retour. Aboubakr Harakat le confirme : "l'orgasme n'est qu'un aboutissement. Si l'acte amoureux n'est pas de qualité, cet aboutissement ne peut avoir lieu ; pour cela, il faut que le partenaire prenne son temps, insiste sur les préliminaires car une femme met souvent plus longtemps qu'un homme à filtrer avec l'excitation maximale". Heu... le problème suivant pourrait d'ailleurs consister à la faire décrocher! Car, futures prétendantes à un 2éme, 3éme, voir 5éme orgasme, une partie des gourmandes du sexe ne connaît pas de période réfractaire comme les hommes. Mais attention, messieurs, ne vous y trompez pas, ce n'est pas tant la performance d'une pénétration battant tous les records de longueur qui va changer la face de l'orgasme, mais plutôt les en-cas qui lui ont été servis avant et pendant. "Chacune a sa propre petite cuisine érotique pour parvenir à l'orgasme : zones érogènes ou positions particulières, paroles aphrodisiaques chuchotées, fantasme mis en pratique, etc. Il faut juste que le message passe au partenaire", insiste Aboubakr. Petite astuce vite fait bien fait : Quelque pincement adroits de tétons plus tard, Madame l'excitée de service augmenterait sa production d'hormone ocytocine, responsable de contractions utérines...
Mais, la complexité du féminin étant ce qu'elle est, il n'y a pas de règle en ce domaine et l'intensité oscille souvent entre pic et plateau d'un rapport sexuel à l'autre. Il n'y a pas non plus matière à culpabiliser si on ne frôle pas le septième ciel à chaque fois, les six ciels précédents pouvant constituer aussi motif à satisfaction sexuelle. Dixit notre sexologue préféré : "Courir derrière l'orgasme systématisé n'aboutit qu'à se complexer, la réceptivité mentale et physique variant en fonction des circonstances, de la phase du cycle hormonal et de l'alchimie avec le partenaire". Retenez également qu'à la lumière de récentes théories évolutionnistes, il semble que l'orgasme féminin ne soit qu'un "plus" de femelle développée et qu'il n'a aucune fonction directe et attestée dans la reproduction de l'espèce. Contrairement à l'origine mâle adapté, lui, à émettre le sperme fécondateur par le biais de l'orgasme. Plaisir exigeant et capricieux : une ruse supplémentaire d'espèce... féminine ? !
ET LES ANORGASMIQUES, ALORS ?
Désir up et concrétisation down... En d'autres termes, malgré des talents affichés d'amoureuse, la tête et le corps refusent de perdre définitivement le contrôle. Eh bien, notez-le en gras : Seulement 5% des anorgasmies sont d'origines orgasmiques! (Ex : relâchement des muscles périnéaux accompagné de béance vaginale chez les multiparturientes ou les femmes ayant subi des accouchements difficiles. Sous entendu qui coule de source : il faut aller chercher l'anomalie dans les compartiments du cerveau où elle se niche. Et en premier lieu, dominer la peur latente qui paralyse à l'idée de se retrouver dans cet état proche de la perte de conscience. En outre, derrière la pointe de l'iceberg peuvent se dissimuler quantité de névroses anciennes ou actuelles : éducation rigide, préjugés vis-à-vis du sexe et de l'orgasme, quasi-ignorance de son corps et de ses zones pourvoyeuse de plaisir, brutalité ou maladresse des premiers rapports, structure psychique de type anxieux, phobique ou obsessionnelle avec une peur du lâcher-prise, lassitude dans le couple ou communication amoureuse déficiente, trouble sexuel chez le partenaire sexuel (ex : éjaculation précoce), etc. Il va aussi de soi qu'une anorgasmie secondaire (intervenant après une époque où tout baignait pour le mieux dans le meilleur des mondes orgasmiques possibles!) Est plus facile à appréhender qu'une anorgasmie primaire, c'est-à-dire le cas d'une rebelle aux orgasmes depuis son premier crac crac sur l'oreiller!
"Il n'y a pas de femmes anorgasmiques, il n'y a que des hommes maladroits". Dit le proverbe.. Et vous, ça vous dit quelque chose ?!
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